Face à l’opacité du secteur minier à l’Est, le ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement Technologique (MINMIDT), Fuh Calistus Gentry impose une discipline de fer. Entre quotas de production obligatoires et interdiction formelle de creuser au-delà de 30 mètres sans passer au régime industriel, l’État reprend le contrôle pour maximiser la rente aurifère.
L’heure est à la rigueur absolue dans les chantiers miniers de l’Est. Le Ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement Technologique (MINMIDT), le Professeur Fuh Calistus Gentry, vient de siffler la fin de l’anarchie lors d’une descente musclée dans le département de la Kadey. Entre l’imposition de seuils de production drastiques et la définition de limites géologiques strictes, le gouvernement camerounais redessine les contours d’une exploitation qui doit désormais impérativement profiter au Trésor public. Cette mission “coup de poing” vise une restructuration complète du secteur artisanal semi-mécanisé, marquant une rupture définitive avec les pratiques d’opacité qui ont longtemps caractérisé l’extraction de l’or dans la région.
La ligne rouge des 30 mètres : Un impératif de sécurité et de souveraineté
Le ministère a instauré une règle d’or technique et stratégique : il n’y a plus d’exploitation artisanale possible au-delà de 30 mètres de profondeur. Ce seuil constitue une frontière infranchissable pour les artisans. Passé ce cap, la migration vers un régime d’exploitation industrielle ou de petite mine devient une obligation légale. Cette mesure vise à prévenir les risques d’éboulements meurtriers et à stopper l’utilisation de méthodes artisanales inadaptées aux couches profondes, qui entraînent une déperdition massive de la ressource. Pour l’État, la maîtrise de cette profondeur est une question de souveraineté ; elle garantit que les gisements les plus importants soient gérés avec des moyens technologiques et financiers proportionnés, permettant un contrôle rigoureux des flux de minerais et une sécurité accrue pour les travailleurs du secteur.
Coup de poing” à Ketté : Des quotas de production non négociables
À Ketté, le Ministre a imposé une discipline de fer aux entreprises installées, à l’instar de Xin Yang et Zinnarry Mining. Pour la première fois, l’administration fixe un seuil minimal de production de 5 kg d’or, sans aucune possibilité de négociation. L’entreprise Xin Yang, disposant de 24 “bold”, a dû accepter un quota mensuel de 7 kg, tandis que Zinnarry Mining s’est vue imposer un minimum de 5 kg pour ses 10 “bold”. Cette stratégie vise à multiplier par cinq la production annuelle nationale et à réduire drastiquement l’écart entre l’or extrait et l’or officiellement déclaré. Le message envoyé est clair : toute structure incapable d’atteindre ces objectifs ou refusant de se conformer à cette nouvelle rigueur verra ses installations démantelées et ses engins saisis sans délai.
Un nouveau contrat social et environnemental
Le respect du seuil de production ne constitue qu’un volet d’un cahier des charges comprenant quatre obligations strictes pour opérer dans le secteur artisanal semi-mécanisé. Les exploitants doivent désormais s’acquitter de leurs obligations fiscales et environnementales avec rigueur, notamment par le paiement d’une caution de 63 millions de FCFA pour 21 hectares destinée à la réhabilitation des sites. Cette approche globale impose également une mutation technologique rapide : la migration vers un système d’exploitation à vase clos. Ce procédé innovant est essentiel pour limiter l’impact écologique dévastateur du mercure et des autres produits chimiques sur les écosystèmes locaux, tout en optimisant le taux de récupération de l’or fin, garantissant ainsi une exploitation plus propre et plus rentable.
Vers une mine citoyenne
Cette deuxième journée de démantèlement dans la Kadey prouve que la phase de sensibilisation a laissé place à l’action concrète. En obtenant l’engagement ferme des sociétés minières à signer ces nouveaux accords, le Professeur Fuh Calistus Gentry verrouille le secteur contre l’exploitation illégale. L’obligation de migrer vers des systèmes à vase clos sous un délai de six mois transforme le paysage minier camerounais en un modèle plus transparent et moderne. À travers ces réformes, le gouvernement entend transformer l’or de l’Est en un véritable levier de développement socio-économique, faisant en sorte que la richesse du sous-sol se traduise enfin par une croissance tangible pour la nation tout entière.
Junior NTEPPE KASSI

