Lancée le 24 avril dernier, cette opération historique allie démographie, agriculture et élevage pour redessiner l’avenir socio-économique du pays ;
Portée par 32 000 agents équipés de smartphones, cette transition numérique vise une souveraineté économique accrue face aux 600 milliards de FCFA d’importations alimentaires annuelles. Soutenu par la Banque mondiale à hauteur de 7 milliards de FCFA, ce projet stratégique promet des résultats concrets en seulement cinq mois ;
Entre enjeux de planification et de sécurité alimentaire, le gouvernement appelle à une mobilisation citoyenne totale pour dessiner le nouveau visage du développement national à l’horizon 2030.
C’est un vent de modernité et d’ambition qui souffle sur le Cameroun depuis le 24 avril 2026. Le coup d’envoi du 4ᵉ recensement général de la population et de l’habitat (RGPH-4), couplé pour la première fois à un recensement général de l’agriculture et de l’élevage (RGAE), marque une étape charnière. Le 29 avril dernier à Yaoundé, lors d’un point de presse conjoint, le gouvernement et les responsables du Bureau Central des Recensements et des Études de la Population (BUCREP) ont réaffirmé leur engagement : les résultats seront disponibles dans un délai record de cinq mois.
L’importance de cette opération ne saurait être surestimée. Dans un contexte mondial marqué par l’incertitude, disposer de données statistiques fiables et actualisées est une condition sine qua non pour toute politique publique efficace. Comme l’ont souligné les ministres René Emmanuel Sadi (Communication), Gabriel Mbairobe (Agriculture) et le Dr Taïga (Élevage), il ne s’agit pas d’un simple décompte d’individus, mais d’un outil de souveraineté économique.
Le chiffre clé : En 2024, les importations de produits de première nécessité (maïs, riz, poisson) ont coûté plus de 600 milliards de FCFA à l’État camerounais. Le recensement vise à inverser cette tendance grâce à une meilleure planification.
L’une des innovations majeures de ce recensement réside dans sa dimension numérique. « L’usage des smartphones permet la transmission directe des données aux serveurs à Yaoundé », a précisé Bernadette Françoise Mbarga, Directrice Générale du BUCREP. Cette digitalisation garantit non seulement la célérité du traitement, mais aussi la sécurisation et l’intégrité des informations collectées par les 32 000 agents recenseurs déployés sur l’ensemble du territoire national.
Le couplage avec le secteur agropastoral est une réponse directe aux défis de sécurité alimentaire. En 2024, le Cameroun a dû décaisser plus de 600 milliards de FCFA pour importer du maïs, du riz et du poisson. La cartographie précise des exploitations et des cheptels attendue à l’issue de ce recensement permettra d’identifier les zones de production à fort potentiel et d’orienter les investissements pour réduire cette dépendance onéreuse aux importations.
Financée à hauteur de 13 milliards de FCFA dont 7 milliards par la Banque mondiale cette opération de 35 jours, qui s’achèvera le 29 mai, bénéficie d’un suivi rigoureux. La rémunération des agents via le paiement mobile témoigne également de cette volonté de transparence et d’efficacité. Les regards sont désormais tournés vers septembre 2026, date à laquelle le Cameroun disposera enfin du miroir fidèle de sa vitalité humaine et de son potentiel productif.
Junior NTEPPE KASSI
Extrait du discours du ministre de la communication
« J’exhorte les populations à réserver un accueil chaleureux et citoyen aux agents recenseurs »
René Emmanuel Sadi, ministre de la Communication.

Mesdames et Messieurs les directeurs généraux, Mesdames et Messieurs les représentants et partenaires techniques de tout l’ancien, Mesdames et Messieurs les professionnels de médias, Distingués invités, Mesdames et Messieurs, Je vous remercie d’être venus nombreux à cette conférence de presse conjointe qui porte sur le 4ᵉ recensement général de la population et de l’agriculture(, couplé au recensement général de l’agriculture et de l’élevage. Je salue la présence à mes côtés de plusieurs membres du gouvernement qui prendront éventuellement la parole à la suite pour apporter le pouvoir de clarification sur le sujet. Je vous souhaite donc à toutes et à tous à cette occasion une cordiale bienvenue dans cette salle auditorium du ministère de la Communication.
Mesdames et Messieurs, Depuis son accession à l’indépendance en 1960, le Cameroun a réalisé trois recensements généraux de la population et de l’habitat en 1976, 1997 et 2007. Ces recensements ont permis à notre pays de disposer des données statistiques sur les différentes caractéristiques de la population en termes quantitatifs et qualitatifs. Pour ce qui est du recensement de l’agriculture et de l’élevage, les seules ayant été réalisées ont été en 1976 en ce qui concerne l’élevage et en 1984 pour ce qui est de l’agriculture.
Depuis lors, ces données ont permis au Cameroun de conduire ses politiques de développement en engageant résolument notre pays sur la voie du développement et de l’émergence. Dans le souci de mettre à jour des données issues des précédents recensements, le gouvernement a entrepris, à la faveur du décret numéro 2015/397 du 15 septembre 2015 instituant le quatrième recensement général de la population ainsi que le décret numéro 2015/292 du 9 juin 2015 instituant le recensement de l’agriculture et de l’élevage, de mettre en œuvre un nouveau processus de collecte des données démographiques et spécifiques au secteur de l’agriculture et de l’ Au-delà de l’approvisionnement d’une information statistique, ces opérations visent à doter les États du Cameroun d’un outil de gouvernance actualisé destiné à accompagner la mise en œuvre de la stratégie nationale du développement à la SND30 ainsi que celle des ODD.
Ainsi, le recensement général de la population et de l’habitat et celui de l’agriculture et de l’élevage qui viennent de démarrer sur toute l’étendue du territoire national trompent bien plus que nos scènes des opérations statistiques. Il s’agit en réalité d’actes de souveraineté comportant plusieurs enjeux stratégiques. Pour certains tiennent au recensement général de la population et de l’habitant et d’autres à celui de l’agriculture et de l’élevage.
S’agissant des enjeux liés au recensement général de la population et de l’habitat, il y a tout d’abord celui de la planification macro-économique portant sur la nécessité de maîtriser les indicateurs de la population. En vue d’une meilleure programmation des investissements publics dans le temps et dans l’espace. Il y a ensuite l’enjeu du dividende démographique qui va permettre de transformer les différents potentiels de la population en moteur de croissance.
C’est notamment le cas de la jeunesse et des femmes dont il s’agit de quantifier, de localiser ou encore de connaître les niveaux socioéducatifs à travers le territoire national. Il y a aussi l’enjeu d’équité destinée à rendre disponible aux différents acteurs de la chaîne de gouvernance les agrégats des besoins des populations en fonction des attributions et des missions respectives des uns et des autres. Quant à l’enjeu de la crédibilité des affaires au recensement, il a trait au renforcement de la signature du carbone auprès des valeurs de faim.
En effet, sur les 13 milliards de francs CFA qui constituent le financement de ce projet, 7 milliards de francs CFA sont issus du financement de la Banque mondiale. D’autres partenaires techniques, tels que : le Fonds des Nations Unies pour la Population ou encore l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO), intervenant dans les apports d’ordre logistique. Le recensement général pour l’agriculture et l’élevage comporte, quant à lui, deux enjeux majeurs et spécifiques.
Un enjeu de souveraineté agronomique, dans la mesure où, en 2024, notre facture d’importation du riz, du maïs et du poisson, ayant dépassé les 600 milliards de francs CFA, vient permettre d’inverser cette tendance. Et pour ce faire, il faut nécessairement connaître notre véritable potentiel en termes de terres cultivables, avec en projection les rendements escomptés. Ou encore, d’un autre point de vue, la taille du secteur national en termes de betails.
Et pour finir, un enjeu de paix sociale. Une paix, où le recensement général de l’agriculture et de l’élevage, un outil de gouvernement s’appuyant sur la réalité des activités agropastorales, afin de mieux cibler les politiques de reconstruction et de relance économique, là où cela s’avère nécessaire. Mesdames et Messieurs, afin de garantir le succès de cette opération de haute sensibilité, le gouvernement de la République a adopté une méthodologie assise sur trois piliers et validée par les Nations Unies.
Il y a, en premier lieu, la mutualisation pour maintenir le recensement général de la population et de l’habitat, et le recensement général de l’agriculture et de l’élevage, avec pour avantage la mobilisation d’un seul agent recenseur par zone de dénombrement, ce qui réduit substantiellement les charges liées aux opérations de recensement visibles, mais aussi les contraintes de temps et de disponibilité auxquelles les populations recensées sont soumises du fait desdites opérations. Il est ensuite donc l’heure de la combinaison des trois approches de recensement, qui sont le porte-à-porte classique, l’utilisation de l’imagerie satellite et de la modélisation statistique assistée des outils de cartographie numérique, ainsi que le contrôle de qualité à travers l’accompagnement technique de l’Institut de formation et de recherche démographique, en abrégé IFORD. Il y a enfin la garantie de la confidentialité des informations collectives, qui sont couvertes par le secret statistique.
Conformément à la loi nᵒ 91/023 du 16 décembre 2011. Mesdames et Messieurs, les tests que PILOTS a dû effectuer dans la période d’octobre à novembre 2025, dans les villes de Bamenda, Buea, Fongo-Tongo et Mora, ont montré que plus de 99 % des ménages hétérogènes ont spontanément accepté de répondre aux questions des agences recenseurs, ce qui démontre une adhésion populaire forte à cette opération qu’il faut saluer et encourager. Sur un tout autre plan, je vous fais part des mesures prises par le gouvernement pour encadrer ce double recensement.
Il s’agit entre autres au titre des messieurs institutionnels. Il s’agit de l’installation des comités régionaux, départementaux et d’arrondissement présidés par les autorités administratives. La mobilisation de tous les ministères sectoriels à savoir le ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire, le ministère du développement urbain et de l’Habitat, le ministère de l’Agriculture et du Développement rural, le ministère de l’Elevage, des Pêches et des Industries animales, le ministère de l’Administration Territoriale et le ministère de la Communication.
Concernant les mesures d’ordre logistique et sécuritaire, on peut citer la dotation des agents recenseurs en smartphone, en power banks et moyens de déplacement, la sécurisation des équipes par les forces de défense et de sécurité dans des zones sensibles, la mise en exposition du numéro vert, le 8585, afin de répondre aux préoccupations des populations. En termes de communication de proximité, un réseau de chefs traditionnels, de leaders religieux et d’organisations paysannes sera mis à contribution pour servir de relais de sensibilisation des publics civils. Une campagne de communication de masse sera par ailleurs menée à travers la CRTV, les radios communautaires, les journaux de presse écrites et les réseaux sociaux. Dix ateliers régionaux de formation de journalistes seront également organisés sur l’ensemble du territoire national.
Mesdames et Messieurs les journalistes, Le gouvernement compte sur votre implication et sur votre collaboration pour expliquer et renforcer l’intérêt des populations à prendre part à cette opération de recensement qui est organisée dans le but d’identifier leurs besoins, afin d’apporter des réponses pertinentes et de contribuer à leurs intérêts. C’est donc le lieu pour moi, au nom du gouvernement de la République, d’en appeler à l’engagement total et à une mobilisation sans réserve de toutes les parties prenantes de la Nation pour la participation de tous à la réussite de cette opération. J’exhorte les populations dans leur ensemble à réserver un accueil chaleureux et citoyen aux agents recenseurs qui ont commencé à frapper à leurs portes.
À toute fin utile, je vous informe que les agents recenseurs habilités à mener cette opération arborent un badge et sont vêtus d’une chasuble estampillée quatrième RGPH. Mesdames et Messieurs, ensemble faisons de ce quatrième recensement général de la population et de l’habitat couplé au recensement général de l’agriculture et de l’élevage, une activité majeure et décisive pour le développement et l’émergence de notre groupe. Je vous remercie pour votre bien aimable attention ».
Propos recueillis par Junior NTEPPE KASSI

