Mines

Secteur aurifère au Cameroun : vers une ère de transparence et de traçabilité renforcée

Dans le sillage des directives du Chef de l’État, S.E. Paul Biya, le Ministre des Mines par intérim, le Pr Fuh Calistus Gentry, a mené une mission décisive dans la région de l’Est du 26 au 29 avril 2026. Entre fermeté opérationnelle et dialogue social, le gouvernement pose les jalons d’une industrie minière où chaque gramme d’or doit désormais pouvoir être tracé, de l’extraction jusqu’aux caisses de l’État.

Longtemps marqué par une exploitation artisanale diffuse et des circuits d’exportation parfois opaques, le secteur aurifère camerounais vit une mutation profonde. La récente descente sur le terrain du Pr Fuh Calistus Gentry dans l’Est, principal bassin de production du pays, marque une étape charnière dans la stratégie d’assainissement engagée par le gouvernement. L’objectif est clair : sortir l’or camerounais de l’ombre pour en faire un véritable levier de croissance macroéconomique.

La traçabilité : le nerf de la guerre économique

Au cœur de cette réforme, la traçabilité s’impose comme l’impératif absolu. Pour le gouvernement, il ne s’agit plus seulement d’extraire, mais de sécuriser les flux. La lutte contre la contrebande et les circuits illicites est devenue une priorité nationale. En renforçant le contrôle, l’État entend garantir que les ressources minérales profitent réellement à l’économie nationale et non à des réseaux clandestins.

Cette exigence de lisibilité se traduit par une migration technologique et méthodologique. Le passage vers une exploitation semi-mécanisée et industrielle, utilisant notamment le système à « vase clos », permet de mieux comptabiliser la production réelle. L’instauration d’un seuil minimal de production déclaré est, à ce titre, une mesure forte : elle oblige les opérateurs à sortir d’une certaine informalité pour entrer dans un cadre de reddition de comptes rigoureux.

Opération « mains propres » sur les sites miniers

La rigueur ne se limite pas aux textes. Sur le terrain, l’action gouvernementale a été musclée : fermeture de sites illégaux et démantèlement d’équipements non autorisés. Ces mesures visent à structurer le secteur en éliminant les acteurs qui échappent à toute régulation et qui, par leurs pratiques, privent l’État de précieuses recettes fiscales.

Cependant, cette rigueur s’accompagne d’une volonté de dialogue. Conscient que la réforme bouscule des habitudes séculaires, le Ministre a multiplié les concertations avec les élus locaux, les opérateurs et les populations riveraines. À Bertoua, Batouri ou encore dans les zones reculées de l’Est, le message a été pédagogique : la vision du Chef de l’État n’est pas d’exclure, mais d’encadrer.

Un pacte pour un développement durable

Le dialogue direct avec les populations a permis de lever des zones d’ombre. Si l’exploitation artisanale traditionnelle exprime des réticences face à la mécanisation et aux nouvelles exigences de déclaration, le gouvernement a promis un accompagnement progressif. L’idée est de concilier la rentabilité économique attendue par l’État avec les réalités sociales des communautés qui vivent de la mine.

L’importance de la traçabilité dépasse le simple cadre financier. Un or tracé est un or « propre », qui respecte les normes environnementales et sociales, facilitant ainsi son accès aux marchés internationaux de plus en plus exigeants sur l’éthique des chaînes d’approvisionnement.

En quittant la région de l’Est le 29 avril dernier, le Pr Fuh Calistus Gentry a laissé derrière lui un secteur en pleine réorganisation. Entre fermeté contre l’illégalité et ouverture au dialogue, le Cameroun semble avoir trouvé sa voie pour transformer son potentiel aurifère en une richesse tangible, transparente et durable au bénéfice de tous les Camerounais.

Junior NTEPPE KASSI

Vous pourriez également aimer

Changements climatiques Mines

L’invention qui change l’air en eau potable

Beth Koigi, jeune entrepreneuse originaire du Kenya, a imaginé et conçu un système capable de transformer l’humidité de l’air en