Un atelier y relatif s’est tenu à Ngaoundéré le 12 mai dernier. L’objectif à terme est de délocaliser les sites de ventes de bois installés dans la ville vers le nouveau site situé à Selbe Darang.
Le projet du marché intérieur du bois (MIB) à Ngaoundéré vise à formaliser l’exploitation artisanale, promouvoir la commercialisation du bois légal et structurer les espaces de vente. Initié par l’Etat et soutenu par les partenaires internationaux, à termes, le projet vise à créer un pôle commercial moderne et garantir l’utilisation d’un bois tracé et légal. Implanté au quartier Selbe Darang, dans l’arrondissement de Ngaoundéré, à proximité du site du prochain port sec de la ville, ce projet est une bouffée d’oxygène pour les acteurs du secteur et même pour les populations de la ville de Ngaoundéré. Installés dans les quartiers populeux comme Madagascar, Sabongari-Gare, Mardock, les anciens marchés du bois, avec la circulation des camions dans le périmètre urbain en pleine journée, constituaient une réelle menace pour la sécurité des populations. Par la délocalisation, le projet participe au désengorgement de la ville et à l’amélioration de la mobilité urbaine. « Ce site est bénéfique pour la communauté urbaine et la commune d’arrondissement de Ngaoundéré 2ème et le Ministère des forêts et de la faune accompagne la commune urbaine et en termes d’avantages, ça permettra que tous les vendeurs des bois puissent être installés ici. Il permettra au Minfof de s’assurer que le bois qui est vendu est d’origine légale qui contribue à la gestion durable de nos forêts », explique Martin Tadoum, directeur de la promotion et de la transformation des produits forestiers, représentant du Ministre.
Sur le site d’un hectare, les premières réalisations sont déjà visibles. Il s’agit de 4 hangars, d’un bloc administratif, des toilettes, d’une mosquée et un château d’eau dont les travaux avoisinent les 60%. Reste à finaliser, la voie d’accès au site. Le directeur de la promotion de la transformation des produits forestiers a invité la communauté urbaine de Ngaoundéré et la commune d’arrondissement de Ngaoundéré 2ème à s’activer afin que cette voie soit viabilisée.
Rallonge des délais
Face aux contraintes soulevées par l’entrepreneur, le représentant du Ministre a indiqué que des propositions seront faites au Ministre afin que des délais supplémentaires soient accordés à l’entreprise afin de rendre sa copie. « Nous avons des aléas à terminer le projet. Le premier était la libération du site par les riverains et le deuxième est la mission de contrôle », explique Charles Fongang, entrepreneur.
Contrôle de l’origine du bois vendu
Si la délocalisation du marché du bois vers le site de Selbe Darang est une aubaine pour la Communauté urbaine de Ngaoundéré dans sa volonté de désengorger le centre urbain, le projet vise également à s’assurer de l’origine du bois vendu. Selon les estimations du Minfof reprises par le site www.leconomie.info , entre 2021 et 2022, plus de 400.000 mètres cubes de bois ont été évacués vers les régions du Nord et de l’Extrême-Nord. Dans ce volume, seuls 10% serait d’origine légale et les 90% serait d’origine douteuse. L’Adamaoua étant une zone de transit, l’aménagement du MIB vise donc à filtrer le bois consommé sur place ou en transit vers les régions du Nord et de l’Extrême-Nord et même des pays voisins comme le Tchad.
Jean Besane Mangam

