Face aux défis liés à la sécurité alimentaire et à la modernisation de l’agriculture dans la vallée du Logone, le gouvernement camerounais, avec l’appui de la Banque mondiale à travers le Projet Viva Logone, a procédé mercredi 6 mai 2026 à Yagoua, dans le département du Mayo-Danay, à la remise d’importants matériels et intrants agricoles aux producteurs. La cérémonie présidée à la place des fêtes de Yagoua par le ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, Alamine Ousmane Mey, s’est déroulée en présence du ministre de la Jeunesse et de l’Éducation civique, Mounouna Foutsou, du ministre de l’Élevage, des Pêches et des Industries animales, Dr Taïga, ainsi que des partenaires techniques et financiers du projet.
La mission gouvernementale conduite par le ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, Alamine Ousmane Mey, a marqué une étape importante dans le renforcement du secteur agricole dans l’Extrême-Nord. À la place des fêtes de Yagoua, plusieurs centaines de producteurs, membres des coopératives agricoles et autorités administratives ont assisté à la remise d’un important lot de matériels et d’intrants agricoles destinés à accroître les capacités de production dans la vallée du Logone.

La cérémonie a connu la présence du ministre de la Jeunesse et de l’Éducation civique, Mounouna Foutsou, du ministre de l’Élevage, des Pêches et des Industries animales, Dr Taïga, ainsi que du représentant du Groupe de la Banque mondiale, partenaire du Projet Viva Logone. Cette descente sur le terrain visait à apprécier les investissements engagés dans cette partie du pays et à encourager les producteurs bénéficiaires.
Dans une région confrontée aux effets des changements climatiques, aux difficultés économiques et à l’insécurité alimentaire, le Projet Viva Logone entend contribuer à la modernisation de l’agriculture et à l’amélioration des conditions de vie des populations rurales. Les équipements remis devraient permettre de renforcer les performances des exploitations agricoles et d’augmenter les productions locales, notamment dans la filière rizicole.
Le lot distribué comprend dix tracteurs de 90 chevaux avec charrues à herse et à disque, huit mini-moissonneuses batteuses de riz, vingt-cinq batteuses de riz ainsi que vingt-cinq motoculteurs de 15 chevaux. Ces équipements permettront de mécaniser davantage les travaux agricoles et de réduire les pertes après récolte.
Les producteurs ont également reçu des intrants agricoles et des produits phytosanitaires composés de 3 115 litres de Roundup, 4 867 litres d’Optimal et 1 869 kilogrammes de Tag Vera. À cela s’ajoutent 2 500 sacs de 50 kilogrammes d’engrais NPK 14-23-14, 1 735 sacs de 50 kilogrammes d’urée 46 % N, 1 165 litres d’Humic Plus, 54 150 sachets de semences certifiées ainsi que 740 sacs de 50 kilogrammes de semences certifiées de riz Nerica L36.

Le Projet Viva Logone a aussi mis à la disposition des organisations paysannes plusieurs équipements de conditionnement et de transport afin de faciliter la conservation et la commercialisation des récoltes. Parmi les dons figurent vingt-deux tricycles, six balances bascules de 150 kilogrammes, quatorze couseuses électriques de sacs, vingt charrettes à quatre roues, quatre-vingts porte-tout, seize bâches de 12 mètres sur 8 et 39 828 sacs de 100 kilogrammes en polypropylène tissé.
Pour les bénéficiaires, cette assistance représente un véritable espoir pour l’avenir de l’agriculture dans le Mayo-Danay. Bodo Félix, jeune agriculteur bénéficiaire du projet, s’est réjoui de cet accompagnement gouvernemental. « Avec ces équipements, notre travail sera plus rapide et moins difficile. Aujourd’hui, les jeunes comprennent qu’on peut réussir dans l’agriculture moderne. Cet appui nous donne davantage de motivation pour produire plus », a-t-il confié.
Le ministre de la Jeunesse et de l’Éducation civique, Mounouna Foutsou, a salué la politique du président de la République, Paul Biya, en faveur de l’autonomisation des jeunes. « Le Chef de l’État place la jeunesse au cœur des politiques publiques. Cet accompagnement montre que les jeunes doivent croire aux opportunités qu’offre aujourd’hui le secteur agropastoral », a déclaré le membre du gouvernement.
De son côté, Dr Taïga a insisté sur la nécessité de renforcer les capacités de production locales pour faire face aux défis alimentaires. « Ces équipements et intrants doivent permettre d’améliorer durablement les productions locales et les revenus des exploitants agricoles », a-t-il souligné.

Les responsables du Projet Viva Logone ont rappelé que ces investissements participent à la dynamique de modernisation de l’agriculture dans la vallée du Logone. Les producteurs bénéficiaires espèrent désormais que cet appui contribuera à améliorer les rendements agricoles, les revenus des ménages et la sécurité alimentaire dans l’Extrême-Nord.
Samuel ADJEWA
RÉACTION
“Ce sont 12 153 hectares qui doivent être réhabilités”

Je tiens à souligner et à renforcer mon propos s’agissant de l’objectif ultime décliné par le président de la République, Son Excellence Paul Biya. Les jeunes et les femmes sont au cœur de ses priorités. Comment ne pas prendre cela en considération lorsque nous disposons d’infrastructures comme celles-ci, qui vont leur permettre de s’épanouir dans le domaine agricole, de produire davantage, de gagner plus, d’améliorer leurs revenus et, bien entendu, in fine, d’avoir de meilleures conditions de vie dans leurs localités.
C’est tout le sens de ces investissements. Il s’agit d’une enveloppe d’environ 117 milliards de FCFA et nous pensons qu’avec cet investissement, l’adhésion, le soutien et l’accompagnement des populations à la base, ainsi que l’implication des responsables traditionnels et religieux, nous allons pouvoir avancer vers l’objectif ultime.
Ce sont 12 153 hectares qui doivent être réhabilités, près de 1 000 personnes qui y travaillent, environ 30 000 personnes directement touchées et 200 000 autres bénéficiaires indirects.
Ces chiffres illustrent l’ambition et la détermination qui animent ce projet. Ils nous permettent de penser que cette région et ce département bénéficieront d’un changement radical ainsi que d’une réponse structurante aux défis alimentaires.
Propos recueillis par Samuel ADJEWA

