Ils investissent de plus en plus dans le secteur qui conduit à leur épanouissement.
Les jeunes de la région de l’Adamaoua adhèrent de plus en plus à la politique agricole prônée par les pouvoirs publics. Profitant des conditions climatiques et agro-écologiques favorables, ils s’installent à leurs comptes qui, dans la production, qui dans la transformation. Dans cette partie du pays, une dynamique portée par la jeunesse change progressivement le visage de l’économie locale : le “Made in Cameroun” gagne du terrain, porté principalement par de jeunes entrepreneurs engagés dans l’agriculture et la transformation des produits locaux. Selon Paul Dongmo Kenfack, directeur du tout premier incubateur privé agréé par l’Etat du Cameroun, plus de 70% de ces initiatives jeunesse concernent la production agricole et la transformation, un choix stratégique qui vise à réduire les pertes post-récolte et à créer de la valeur ajoutée sur place.
Sur les marchés de Ngaoundéré et des départements voisins, les étals se diversifient. Produits laitiers locaux, farine de maïs enrichie, confitures de mangue, huiles essentielles et conditionnement d’arachide trouvent preneurs auprès d’une clientèle qui commence à privilégier la qualité et l’origine nationale. « Avant, on jetait beaucoup. Aujourd’hui, nous transformons et conservons », confie Ramla Mohamadou, promotrice d’une unité de séchage et de conditionnement de fruits de mangue. Sa structure permet ainsi de réduire les pertes de mangue dont une bonne partie finit par pourrir dans les champs.
Les acteurs locaux soulignent que la vulgarisation du made in Cameroun passe par la formation, l’accès au financement et la structuration des filières. Des ONG et des centres de formation agricole multiplient les sessions sur les techniques de conservation, l’emballage hygiénique et la commercialisation. Les jeunes entrepreneurs bénéficient également de microcrédits et de programmes d’appui technique qui facilitent l’acquisition d’unités de transformation et de stockage. Lors des rencontres des acteurs, les visiteurs sont émerveillés de la qualité des produits présentés. Des produits qui mettent en valeur les ressources du terroir.
L’incubation pour la structuration
Pour capter des parts des financements disponibles dans les guichets des structures de l’Etat, les experts recommandent une structuration des unités de production. Démarche qui conduit à conquérir des parts des marchés de la région, et de la sous-région Afrique centrale. « Nous avons énormément de talents qu’on doit valoriser. Les salons que nous organisons, c’est pour coacher les jeunes entrepreneurs afin qu’ils produisent plus et de manière organisée », insiste Paul Dongmo Kenfack.
L’administration en charge d’encadrement des jeunes de son côté, encourage les producteurs en se rendant disponibles à guider ces producteurs vers les financements. C’est le cas de madame Nini Pawa, déléguée régionale de la jeunesse et de l’éducation, par ailleurs première vice-présidente du Conseil régional, qui vient d’organiser à Ngaoundéré le salon de l’incubation de l’innovation et des réussites locales. Au cours de ce salon, des profils des juniors entrepreneurs dans les domaines de la production et de la transformation. Une initiative qui permet de mettre en valeur les capacités de production des jeunes de l’Adamaoua qui s’inscrivent en droite ligne de la politique nationale d’import substitution.
Jean Besane Mangam

