Biodiversité

Biodiversité au Cameroun: Richesse naturelle et potentiel économique encore sous-exploité

Le Cameroun, souvent appelé « Afrique en miniature », abrite une biodiversité exceptionnelle qui constitue un atout économique majeur pour le pays et la sous-région. Cette extraordinaire diversité naturelle, bien qu’en péril, offre des perspectives économiques tangibles si elle est valorisée de manière durable et appuyée par des financements adaptés.

Un patrimoine naturel d’une richesse inégalée

Grâce à sa variété d’écosystèmes, le Cameroun occupe une place de premier plan sur le continent africain : le pays abrite plus de 9 000 espèces de plantes, 900 espèces d’oiseaux et près de 300 espèces de mammifères, dont plusieurs sont menacées d’extinction comme l’éléphant de forêt ou le gorille de plaine de l’Ouest ; il compte également des zones protégées reconnues internationalement telles que le parc national de Korup ou celui de la Bénoué .

La forêt équatoriale, qui couvre près de 45 % de la superficie du territoire national, représente un service écosystémique dont l’impact économique est considérable. Ces forêts fournissent des biens essentiels pour des millions de Camerounais : nourriture, matériaux de construction, combustibles, médicaments traditionnels ou encore ressources pour l’industrie du bois .

Contribution économique de la biodiversité

Au-delà de sa valeur écologique, la biodiversité camerounaise soutient des secteurs économiques clés : l’exploitation forestière génère une part importante des recettes fiscales et d’exportation, tandis que la valeur brute du secteur forêt/faune est estimée à environ 150 milliards de FCFA par an, contribuant à hauteur d’environ 4 % du PIB hors pétrole .

Ces chiffres parlent d’une économie verte potentielle, qui pourrait se renforcer par le développement de filières durables telles que l’écotourisme au sein des parcs nationaux, la valorisation des produits forestiers non ligneux et des cultures comme le cacao durable sans déforestation .

Financements internationaux et mécanismes verts

Pour transformer cette richesse naturelle en levier de croissance durable, le Cameroun mobilise des financements internationaux via plusieurs mécanismes. Parmi eux figure le programme REDD+, conçu pour réduire les émissions liées à la déforestation tout en générant des crédits carbone susceptibles d’attirer des investissements verts . En parallèle, des organisations telles que le Fonds pour l’Environnement mondial (FEM) ou le Fonds vert pour le climat (GCF) apportent des financements visant à soutenir la protection des écosystèmes et renforcer la résilience climatique du pays.

Certaines initiatives territoriales, comme celles visant à valoriser les services écosystémiques ou à soutenir des chaînes de valeur sans déforestation (comme le cacao durable), permettent de lier conservation et développement économique local, en cherchant à accroître les revenus des communautés tout en préservant les forêts .

Défis et opportunités

Malgré ce fort potentiel, la biodiversité camerounaise fait face à des menaces persistantes : déforestation accélérée liée à l’agriculture, expansion des infrastructures et exploitation non durable des ressources. La nécessité de renforcer la gouvernance, d’améliorer l’accès aux financements verts et d’encourager les entreprises à intégrer des pratiques durables est devenue essentielle pour capter davantage de ressources financières et générer des retombées économiques durables.

Dans un contexte où la biodiversité mondiale attire de plus en plus d’investissements, le Cameroun est à un tournant pour faire de sa nature non seulement un patrimoine à protéger, mais aussi un pilier de sa croissance économique future.

Mireille Siapje

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