Environnement

Extrême-Nord : Le PROLAC connecte les bassins de production

Dans le département du Logone-et-Chari, plus de 150 kilomètres de routes rurales réhabilitées par le Projet de relance et de développement de la région du Lac Tchad (PROLAC) transforment progressivement le quotidien des populations. Au-delà du désenclavement, ces infrastructures constituent un levier majeur pour le développement des activités économiques, notamment l’agriculture et le commerce transfrontalier.

Dans l’Extrême-Nord du Cameroun, la problématique de l’enclavement des zones rurales a longtemps constitué un frein majeur au développement économique. Entre pistes impraticables en saison des pluies et difficultés d’accès aux marchés, les producteurs et commerçants faisaient face à des contraintes structurelles limitant leur rendement et leurs revenus. La réhabilitation de plus de 150 kilomètres de routes rurales dans le Logone-et-Chari vient aujourd’hui changer la donne.

Le Projet de relance et de développement de la région du Lac Tchad (PROLAC) est une initiative mise en œuvre par le gouvernement camerounais avec l’appui de partenaires techniques et financiers. Il vise à restaurer les moyens de subsistance des populations affectées par les crises sécuritaires et économiques dans le bassin du Lac Tchad, tout en renforçant les infrastructures de base et la résilience des communautés.

Dans ce cadre, les axes Kousseri–Logone Birni–Zimado (52 km), Maltam–Bodo–Makary (77 km), ainsi que les tronçons Marako–Oulouf, Marako–Kala Kafra et Mara–Choloba (21 km), figurent parmi les réalisations majeures du projet. Ces infrastructures jouent désormais un rôle stratégique dans la circulation des personnes et des biens, facilitant l’accès aux zones de production et aux centres de consommation.

Dans une région à forte vocation agropastorale, l’impact sur l’agriculture est particulièrement significatif. Les producteurs peuvent désormais transporter leurs récoltes plus rapidement et à moindre coût vers les marchés locaux et sous-régionaux. Cette amélioration de l’accessibilité contribue à réduire les pertes post-récolte et à accroître les revenus des exploitants. Elle favorise également la diversification des cultures, rendue possible par un meilleur accès aux intrants agricoles et aux circuits de distribution.

Le commerce, notamment transfrontalier, bénéficie également de cette dynamique. L’axe Maltam–Bodo–Makary constitue un corridor essentiel pour les échanges avec le Nigéria et le Tchad. Grâce à la fluidité du trafic, les commerçants enregistrent une réduction des délais de transport et des coûts logistiques. Les marchés sont mieux approvisionnés, ce qui se traduit par une plus grande disponibilité des produits et une relative stabilisation des prix dans les localités desservies.

Les transporteurs tirent eux aussi profit de la réhabilitation de ces routes. La diminution des pannes liées au mauvais état des voies et le gain de temps considérable améliorent la rentabilité de leurs activités. Des localités comme Afadé et Bodo retrouvent progressivement leur dynamisme économique, redevenant des carrefours d’échanges importants dans la région.

Au-delà de l’économie, ces infrastructures contribuent à améliorer les conditions de vie des populations. L’accès aux services sociaux de base, notamment les structures de santé, est facilité. Les évacuations sanitaires s’effectuent plus rapidement, renforçant les chances de prise en charge des patients. Par ailleurs, la mobilité accrue favorise les interactions sociales et renforce la cohésion entre les communautés.

La route Kousseri–Logone Birni–Zimado, désormais praticable en toute saison, illustre parfaitement ces avancées. Elle est de plus en plus empruntée par les usagers reliant Maroua à Kousseri, en raison de son état et des difficultés observées sur certains tronçons de la route nationale n°1, marqués par une dégradation avancée et des défis sécuritaires.

En complément des travaux routiers, des infrastructures connexes ont été réalisées, notamment des canaux d’irrigation et des mares artificielles. Ces aménagements renforcent les activités agricoles et pastorales, tout en améliorant la résilience des populations face aux aléas climatiques. Par ailleurs, des dispositifs de protection des routes, tels que les barrières de pluie, ont été mis en place afin de préserver durablement ces investissements.

Samuel ADJEWA

Vous pourriez également aimer

Autres Environnement

Le Nord se revet de vert Une initiative pour sauver les terres

La structure étatique de lutte contre la sécheresse s’est à nouveau déployée sur le terrain pour sauver l’environnement. L’action de
Autres Environnement

Cameroun: Un week-end noir sur les routes, deux accidents font au moins 25 morts  

Le week-end dernier a été marqué par deux drames de la route qui ont endeuillé le Cameroun. Un accident, survenu