Mines

Coopération Cameroun-Banque Mondiale : le MINMIDT accélère la transformation industrielle

Une importante rencontre a eu lieu la semaine dernière entre les responsables du MINMIDT et ceux de la Banque Mondiale . Au menu : un financement de 11 milliards de FCFA pour la ZES bois de Bertoua et le lancement d’une cartographie nationale pour créer des zones industrielles dans chaque région.

L’enceinte du Ministère des Mines, de l’Industrie et du Développement Technologique a servi de cadre, le mardi 14 avril 2026, à une séance de travail de haute importance entre le Professeur Fuh Calistus Gentry, Ministre par intérim (AI), et une délégation de haut niveau de la Banque Mondiale. Cette audience s’inscrit dans une dynamique de renforcement du partenariat stratégique entre le Cameroun et l’institution financière, avec pour objectif central de structurer durablement le paysage industriel national. Les discussions ont principalement porté sur l’accompagnement technique et financier nécessaire pour opérationnaliser les leviers de croissance identifiés par le Gouvernement, marquant ainsi une étape décisive dans la mise en œuvre de la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 (SND30).

Le bois à l’honneur : 11 milliards Fcfa pour Bertoua

L’un des points d’ancrage de cette collaboration est l’aboutissement favorable des négociations relatives au projet « Économie Forestière ». Le Ministre a officiellement pris acte de l’accord du Conseil d’administration de la Banque Mondiale, acté le 31 mars dernier, pour le déblocage d’une enveloppe de plus de 11 milliards de FCFA. Ce financement substantiel est spécifiquement dédié au développement de la Zone Économique Spéciale (ZES) bois de Bertoua, dans la Région de l’Est. Ce projet ambitieux vise à transformer radicalement la gestion de la ressource ligneuse en passant d’une économie d’exportation de grumes à une industrie de transformation locale poussée, capable de générer des milliers d’emplois directs et de capter une plus-value significative sur les marchés internationaux.

Vers une trentaine de chaînes de valeurs par an

Au-delà de la filière bois, le Professeur Fuh Calistus Gentry a profité de cette tribune pour exposer la nouvelle doctrine industrielle du Cameroun, centrée sur la valorisation des ressources minérales. Le Chef de Département Ministériel a souligné l’ambition du Gouvernement de créer plus d’une trentaine de chaînes de valeurs complètes chaque année, afin de doper le Produit Intérieur Brut (PIB). À ce jour, plusieurs filières stratégiques sont déjà en phase opérationnelle, notamment le segment bauxite-alumine-aluminium, le complexe calcaire-clinker-ciment pour l’autonomie en matériaux de construction, ainsi que les filières argile-feldspath pour la production de carreaux et le fer pour la fabrication de billettes. Cette mutation profonde nécessite toutefois un appui logistique et infrastructurel accru pour lequel le plaidoyer auprès de la Banque Mondiale a été particulièrement soutenu.

Une cartographie pour réorganiser l’industrie

Pour donner de la cohérence à ces multiples initiatives, le Gouvernement a lancé un projet de cartographie de l’industrie camerounaise. Cette démarche scientifique et stratégique vise à localiser précisément les potentiels régionaux afin de réorganiser l’appareil productif à travers la création de zones industrielles, de parcs technologiques et de zones économiques dans chacune des dix Régions. En sollicitant le financement de la Banque Mondiale pour dresser cet état des lieux exhaustif, le MINMIDT entend poser les jalons d’un aménagement industriel équilibré et attractif pour les investisseurs étrangers. Cette synergie entre les efforts étatiques et l’expertise internationale est désormais perçue comme la clé de voûte pour faire du Cameroun un véritable pôle industriel en Afrique Centrale, avant que la traditionnelle photo de famille ne vienne clore cette rencontre riche en perspectives.

Junior NTEPPE KASSI

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